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Pourquoi la BCEAO a intérêt à être plus audible ? - Par Cheickna Bounajim Cissé

[CAVIE/ACCI] « Je garde le silence pour qu’on ne puisse pas m’entendre », tel pourrait être la stratégie de communication de la Banque Centrale dans le débat engagé entre les « cfiles »[1] et les « cfobes »[2] sur sa politique monétaire. L’institution communautaire serait-elle confucéenne ? « Le silence est un ami qui ne trahit jamais », disait le célèbre penseur chinois. Pourtant, la Banque Centrale a tort d’adopter cette posture. Un slogan publicitaire qui tournait en boucle dans les chaînes de télévision françaises célébrait ainsi l’expertise : « Qui mieux que Renault peut entretenir une Renault ? » Serait-on tenté de dire aussi : « Qui mieux que la Banque Centrale peut parler de la monnaie ? »

Pourquoi la BCEAO

De tout ce qui se dit et s’écrit sur le franc CFA, il y a certainement beaucoup d’inexactitude et d’approximation. Les vecteurs de communication utilisés par leurs auteurs sont certainement proches des préoccupations des populations qui, ne disposant pas de moyens de recoupement, sont obligées de croire à la seule partie qui s’exprime. Colbert disait : « Tout homme qui est mal informé ne peut s'empêcher de mal raisonner. » Nous ajoutons : « Tout homme qui raisonne mal ne peut que mal agir. »

Le débat monétaire

Partout et en tout temps, la monnaie a toujours été un sujet délicat. Elle est un attribut essentiel de souveraineté, une prérogative régalienne. Le franc CFA, commun à quatorze pays africains, n’échappe pas à cette réalité de la monnaie. Qui peut d’ailleurs croire le contraire ? Depuis quelques mois, il polarise l’attention. Il est de nouveau sous les feux des projecteurs. Son débat refait surface. Il est devenu un thème accrocheur, un marronnier de la pensée libre. Son buzz crée de l’audience et suscite de la polémique qui cristallise les positions suffisamment distendues entre ses partisans et ses pourfendeurs. Il a même un penchant corrosif.

Il faut donc être précautionneux à son traitement, à l’image de ce « sagambule  »[3] cherchant l’équilibre de sa pensée sur un fil spumeux en temps brumeux. Est-il de bon aloi de se faire écho de la controverse sur le franc CFA ? Est-ce à dire, au motif de cette prudence du serpent, qu’il faut faire du fétichisme sur la question monétaire en Afrique ? Point du tout ! Ce n’est pas parce que c’est sensible qu’il ne faut pas la traiter. « Le comble de la prudence est de se faire couper une jambe de peur de la casser un jour », disait François-Rodolphe Weiss. D’ailleurs, comme le souligne bien les paroliers persans, si le fou n'était pas étourdi, comment connaîtrait-on la prudence du sage ? Le philosophe des Lumières Jean-Jacques Rousseau traduisait mieux cette hardiesse : « La prudence, si elle prévient les grandes fautes, elle nuit aussi aux grandes entreprises ». 

Face aux grandes portes closes et aux rideaux baissés des banques centrales, les « cfobes » dénoncent l’absence de débat sur le franc CFA et la politique monétaire, et demandent de remédier au déficit démocratique dont souffrirait la Zone franc. Ils font feu de tout bois, n’hésitant pas à agiter le sac à piment destiné à faire éternuer leurs interlocuteurs. 

Les dirigeants politiques, trop affairés à conserver le pouvoir pour les uns ou à aller à sa conquête pour les autres, s’intéressent peu à la chose monétaire. Presque pour tous, la question du franc CFA est loin, très éloignée de leurs préoccupations et de celles de leur coterie. Si tous ces tenants et quêteurs du pouvoir disposaient réellement d’un bilan ou d’un programme économique et financier, comment peuvent-ils passer sous silence la politique monétaire, une variable essentielle de la politique économique ? Ils préfèrent faire la politique de « l’oreille sourde », de la « bouche cousue » et de la « chaise vide » que de s’engager dans les questions monétaires. Interrogés par les médias et interpellés par leur opinion publique sur le sujet du franc CFA, ils détalent sans gêne, au mieux ils étalent leur gêne. Ils peuvent peut-être surestimer leur force ou leur ruse. Le temps, chargé de leurs casseroles bruyantes, les ramènera un jour à la réalité. 

Est-ce à dire que l’élite dirigeante africaine manque de courage ? Le professeur Joseph Tchundjang Pouemi prévient sur les conséquences d’une inertie politique : « Aujourd’hui, faute d’accorder aux questions monétaires l’attention qu’elles méritent, l’Afrique inflige à ses enfants, et plus encore à ceux qui ne sont pas encore nés, des souffrances tout à fait gratuites. » 

En attendant, se poursuit le jeu de traque (pour les « cfobes ») et d’esquive (pour les « cfiles »), pas plus que la partialité de l’émotion, les accusations excessives et les amalgames maladroits. Les arguments avancés, ici et là, par les « cfobes » sont en partie recevables puisque fondés. Pour ce qui est de leur amplification, il faut reconnaître que les partisans de la monnaie unique ont prêté le flanc en s’emmurant, presque toujours, dans un mutisme incompréhensible. Ils ne sont pas obligés de descendre de leur rocher, pour affronter dans le marécage boueux les critiques ; tout au moins, peuvent-ils émettre des sons audibles à leurs usagers. Comment confondre une institution qui n’offre aucune prise par laquelle l’agripper ? s’interrogent les frondeurs. 

Un débat aux positions difficilement conciliables

La question du franc CFA est sensible, et même ultra-sensible. Que les uns qui garantissent sa convertibilité et que les autres qui en assurent sa gestion ne puissent pas s’ouvrir à un débat public, à tout vent et en tout temps, à son sujet relève simplement de la « responsabilité », osons même dire du « principe de précaution ». Tout comme, il est du domaine du compréhensible et du recevable que les intellectuels africains, issus de la masse silencieuse des usagers de la monnaie unique, de façon légitime et même par devoir, puissent après une réflexion documentée et une démarche rigoureuse, critiquer et énoncer des propositions d’amélioration et même de rupture. 

Les paroliers africains disent que deux eaux chaudes peuvent difficilement se refroidir. Les partisans du maintien du franc CFA et les promoteurs d’un autre système demeurent sur des positions idéologiquement inconciliables. 

Entre les « cfiles », apôtres du maintien et de l’élargissement de la Zone franc, et les « cfobes », partisans d’une monnaie africaine souveraine, c’est bien souvent une bataille doctrinale, idéologique, plus que monétaire qui est à l’œuvre. Dans les échanges – encore qu’il n’y a jamais eu de débat direct – les deux camps s'écharpent jusqu'à présent, à fleurets mouchetés, par médias interposés ou par silence imposé. Sous ce prisme, le débat monétaire est en passe de devenir une quadrature du cercle.

Du côté des défenseurs du maintien et même de l’élargissement de la sphère d’influence de la Zone franc, on tient la dragée haute et la digue, suffisamment surélevée, pour contenir les assauts répétés des courants « anti-CFA ». Une grande partie de l’épaisseur des critiques et des revendications tient à des considérations idéologiques et moralistes. Les frondeurs, mal organisés (hormis quelques regroupements isolés), se condamnent bien souvent dans des postures psychoaffectives et doctrinaires. Les réflexions tenues, quelquefois éparses et peu documentées, restent pour le moment contenues dans la sphère médiatique et littéraire qui en fait ses choux gras. Bien souvent, le raisonnement est axé sur des positions résolument souverainistes, identitaires, ou moralistes, avec moins de références scientifiques et de données factuelles vérifiables. Les « cfobes » doivent éviter les arguments qui vont à l'encontre des faits. Le cœur ne doit pas prendre le pas sur l’esprit. Cette analyse est partagée par une frange des frondeurs, en l’occurrence l’économiste Kako Nubukpo. « Les termes du débat sont parfois mal posés. Certains en parlent en termes de panafricanisme ou de revendication identitaire. C’est une approche contre-productive. Nous devons d’abord définir le modèle de société que nous voulons construire. Cela permettrait de dépassionner le sujet  » [4], reconnaît lucidement l’ancien ministre de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques du Togo. Cependant, en dépit de ce désordre ambiant, les idées avancent à pas de caméléon : doucement mais sûrement.

L’acceptation du débat…à des conditions

Le débat sur la question controversée du franc CFA s’apparente à celui sur les poteaux carrés au foot : vu qu’on n’est pas performant, on espère qu’en changeant les règles on va le devenir.

Sur la corde raide monétaire, les lourdauds et autres patauds pourraient-ils faire perdre pied aux fildeféristes et autres équilibristes ? Les progressistes l’emporteront-ils sur les conservateurs ? Pourtant, le débat entre ces deux camps, en dépit de son intensité et de sa densité, ne doit pas être compris comme une opposition entre faucons et colombes, entre immobilistes et réformistes. Une telle perspective ne peut que nuire à la qualité des échanges et à la recherche de solutions.

Dans cette cavalcade, où chacun parle pour sa paroisse, méditons les derniers vers de la fable de La Fontaine consacrés au voyage du pot de fer et du pot de terre : « Ne nous associons qu'avec nos égaux ; ou bien il nous faudra craindre le destin d'un de ces pots ». Montesquieu a sa règle : « L’équité naturelle demande que le degré de preuve soit proportionné à la grandeur de l’accusation ». 

La France et les banques centrales africaines (BCEAO et BEAC) sont généralement indexées par les « cfobes » de refuser le débat, de le vitrifier, et même de museler les téméraires qui s’y hasarderont. Si l’on s’en tient aux déclarations officielles des Autorités françaises et des responsables de la BCEAO, cela pourrait relever d’un faux procès. Même la Banque de France reconnaît que « la Zone franc est loin d’être une zone monétaire optimale  » [5].

À l’occasion d’un déplacement mémorable à Dakar, le président François Hollande avait fait une déclaration laconique mais décisive sur le franc CFA. C’était le 12 octobre 2012 devant les parlementaires sénégalais : « Je suis convaincu que les pays de la Zone franc doivent pouvoir assurer de manière active la gestion de leurs monnaies et mobiliser davantage leurs réserves pour la croissance et l’emploi. » [6]  Cette brèche faite dans la cuirasse de la politique monétaire des banques centrales africaines est en soi inédite.

C’est dire que du côté des autorités françaises, le débat sur le franc CFA n’est pas un casus belli. Même son de cloche apparent du côté de la Banque Centrale de l’UMOA. Ses dirigeants se disent aussi ouverts, d’autant que « on ne sait jamais tout et définitivement », pour reprendre l’expression du Gouverneur Tiémoko Meyliet Koné. Le 10 septembre 2015, le patron de la BCEAO, profitant de la cérémonie de remise du prix Abdoulaye Fadiga 2014 pour la promotion de la recherche économique dans l’espace communautaire, a tenu à préciser la position de son institution : « Nous restons toujours ouverts à tous ceux qui veulent bien partager avec nous, dans les formats scientifiquement acceptables, les résultats de leurs réflexions et de leurs travaux dans les domaines touchant aux missions de la BCEAO. Ces échanges, mutuellement enrichissants, ont parfois permis une meilleure prise en charge de cette spécificité de notre environnement monétaire, à savoir, une monnaie pour huit économies de tailles et de performances différentes, ayant pourtant opté pour une gestion commune des réserves de change et dont le socle repose sur le principe de la solidarité entre les membres. C’est un schéma qui n’est pas en plusieurs exemplaires dans le monde et qui n’accepte pas toujours les repères classiques d’une monnaie pour un pays . [7] » 

En creux, on devine que la BCEAO fermait une porte tout en entrebâillant une autre. La porte close – c’est une déduction – est celle par laquelle pourraient s’introduire tous ces débats monétaires qui se tiennent dans la presse. L’institution communautaire, auto-soumise à une « diète médiatique », se refuse d’y prendre part. La voie entrouverte est le « format scientifique » qui doit encadrer toute contribution sur la politique monétaire de la Banque Centrale. Cela doit être important, pour la BCEAO, que la forme puisse tenir le fond. Et elle n’a pas totalement tort au regard de la grande sensibilité du sujet. Dans ces conditions, il n’est pas aisé, de notre point de vue, de mettre en cause sa bonne foi, au-delà de l’affaire présumée de l’ancien ministre togolais, à l’écho idéalement amplifié par la presse. Comme le dirait l’autre, il ne faut pas défoncer une porte ouverte même si des « critères de recevabilité » ont été fixés au portique, par le « videur » et les « propriétaires des lieux ». La balle est donc dans le camp des dirigeants africains de la Zone franc qui doivent s’assumer, en évitant non pas de froisser la France, mais de hérisser leur peuple.

Mais que recouvre cette notion de « format scientifiquement acceptable » ? 

Les contempteurs de la Zone franc pensent, quant à eux, que tout ce qui touche de près ou de loin aux missions de la Banque Centrale est enveloppé d’une grande opacité et que la question du franc CFA est soigneusement cadenassée. Selon une bouche amère, l’image que l’institution monétaire renvoie à ses usagers est celle d’une grande forteresse impénétrable où règne le « silence », astreinte à laquelle seraient assujettis les salariés et même les retraités.

C’est une charge sévère, vraisemblablement une fausse image, décalée par rapport à la réalité, au regard des hommes intègres, rigoureux et valeureux qui l’ont toujours servie et de la richesse exceptionnelle de son site institutionnel  [8], véritable encyclopédie monétaire et financière pour les chercheurs et les praticiens de la finance. Mieux, en promouvant, depuis quelques années, la recherche économique et financière dans la zone UMOA, encadrée et animée par des compétences indépendantes et avérées du monde académique et scientifique, la BCEAO a su prouver son ouverture au débat fécond. Sa Revue Économique et Monétaire (REM) est reconnue par le Conseil Africain et Malgache pour l'Enseignement Supérieur (CAMES).

Marmitage monétaire

Dans ce marmitage sur le franc CFA, il y a certainement des approximations et des contre-vérités que les « cfiles » auraient pu facilement rectifier à travers une communication raisonnée et ciblée sans exposer leur « armure », et ainsi leur éviter d’inconvenants ramdams médiatiques. Tout comme, il sera imprudent de sous-estimer le courant contestataire et d’imaginer qu’il restera à l’état de bulle de savon. Les vaguelettes de contestation d’aujourd’hui peuvent, à s’y méprendre, confluer et constituer des torrents plus crottés. En effet, la plume des frondeurs et les jérémiades de la rue peuvent former une combinaison très favorable à un mouvement plus élargi et mieux structuré. Les ondes de choc pourraient ainsi se propager dans tout l’espace monétaire. Il faut donc se garder d’agiter inutilement l’épouvantail ou de s’installer dans une peur irrationnelle. Avec le recul, il faut aussi regretter toutes ces remises en ordre inutilement tenues, soutenues et entretenues, au secret des conciliabules, dont on peut dès aujourd’hui faire l’économie avec une dose raisonnable d’explication, d’ouverture et de rigueur. Et si tant est que toutes les parties (de bonne foi) poursuivent le même objectif, celui de promouvoir le développement des pays de la Zone CFA, l’exercice est à la portée des esprits. La divergence sur les moyens à utiliser ne doit pas être une mésintelligence, et ainsi aboutir à une indigence relationnelle. 

Pistes de solution

La BCEAO a donc intérêt à être plus audible. On peut rester ferme sur ses principes tout en ne donnant pas l’impression d’être fermé. Il est concevable – cela a été déjà rappelé – que la Banque Centrale, au regard de la sensibilité de sa mission, soit sobre dans ses propos et moins exposée dans le champ médiatique. Cette posture ne doit nullement aboutir à un déficit de communication. Dans un monde de plus en plus interconnecté, la communication est vitale. On ne peut pas en faire l’économie. Pour le moment, la tempête des « cfobes » est verbale. Mais, comme rappelé, si elle n’est pas contenue par des initiatives fortes, elle pourrait être relayée par des actions à large spectre, dont les effets pourraient être difficilement prévisibles. 

  1. La Banque Centrale doit accepter la critique, et même la susciter pour en tirer le meilleur parti. Elle gagnerait donc à améliorer sa communication, en se dotant d’un dispositif adapté et de structures appropriées, capables de porter sa voix et de distribuer la saine information au public. Citons quelques pays qui ont rompu avec le « silence monétaire ». Par exemple, en France, la Banque Centrale est dotée d’une direction de la Communication. Le Gouverneur de la Banque de France dispose aussi au sein de son cabinet d’une Conseillère pour la Communication [9]. La Banque Centrale marocaine (Bank Al-Maghrib) a aussi un département Communication [10] . La Banque Centrale Européenne (BCE) a poussé le concept plus loin. Son organigramme[11]  fait apparaître une Direction Générale de la Communication comprenant les Divisions : Information, Internet et numérique, Relations avec les médias, Services linguistiques.
  2. Les canaux de communication doivent être choisis. Ils doivent toucher le cœur de la cible : les populations et le monde de l’entreprise. Il faut que l’Institut d’émission adopte une démarche proactive, et multiplie les initiatives de dialogue et d’échanges en direction du public. Les chefs d’entreprise, les hommes de média et les leaders d’opinion doivent être régulièrement consultés. Pourquoi ne pas organiser des journées portes ouvertes au siège de l’Agence principale et dans les agences auxiliaires de la Banque Centrale ? Il ne faut pas l’oublier, la BCEAO est une institution monétaire certes, mais c’est avant tout un établissement public. Les populations pour lesquelles elle a été créée éprouvent des besoins d’informations monétaires que seule la Banque Centrale est en mesure de satisfaire. Mieux informées et plus impliquées, elles adhéreront naturellement aux politiques publiques qui sont élaborées et mises en œuvre en leur nom. 
  3. Par ailleurs, l’article 115 des statuts de la BCEAO autorise le Gouverneur, à son initiative ou à la demande du Président du Parlement de l’UEMOA, à s’adresser audit Parlement (représentation des peuples ouest-africains) ou à ses commissions compétentes. Combien de fois ce levier communicationnel a-t-il été actionné ?

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[1] Les « cfiles » : néologisme pour désigner les défenseurs et les partisans du maintien du franc CFA.

[2] Les « cfobes » : néologisme pour désigner les pourfendeurs, les contempteurs, les frondeurs, les opposants du franc CFA.

[3] Néologisme qui est une contraction de sagesse et funambule.

[4] « Le franc CFA freine le développement de l’Afrique », Entretien avec Kako Nubukpo, op. cit. 

[5] Banque de France, Note d’information, La Zone franc, août 2015, en ligne : www.banque-france.fr

[6]  Discours du président de la République française, François Hollande,12 octobre 2012, à l'Assemblée nationale du Sénégal.

[7]  Remise du prix Abdoulaye Fadiga pour la promotion de la recherche économique au titre de l’année 2014 et de lancement de l’édition 2016: allocution du Gouverneur de la BCEAO, 10 septembre 2015,   en ligne : news.abidjan.net/h/563451.html

[8] Le site institutionnel de la BCEAO (www.bceao.int) est l’une des principales sources d’information de cet ouvrage. Les informations fournies sur ce site sont de très grande qualité et d’une grande régularité. C’est un marqueur important de la transparence et de la disponibilité de l’information économique, financière et monétaire prônée et mise en œuvre par la Banque Centrale.

[9] Banque de France, Rapport annuel 2014, Organigramme au 13 mars 2015, en ligne : www.banque-france.fr

[10] Bank Al-Maghrib, Organigramme détaillé, en ligne : www.bkam.ma

[11] Banque Centrale Européenne (BCE), Organigramme au 1er mars 2016, en ligne : www.ecb.europa.eu

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Nota Bene : 

  • Extraits de notre ouvrage « Construire l’émergence, Un pari pour l’avenir : 12 axes d’action, 100 propositions pour booster le financement de l’économie », Editions BoD, 2016, 736 pages.
  • L’auteur remercie la Direction Nationale de la BCEAO pour le Mali pour le courrier de félicitation qu’elle lui a adressé à la suite de la publication de cet ouvrage. Cette marque d’attention tranche, nettement, avec les critiques acerbes dont l’institution monétaire fait l’objet.

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Cheickna Bounajim Cissé,

Président Commission « Banques & Compétitivité » du CAVIE