Exportations de batterie : Fraude à l’environnement à la Réunion - Par Hervé LAURENT

Six Principes inaltérables pour un leadership durable - Par Mame Cafa SALL

La contrefaçon : danger bien réel pour l’économie réunionnaise ! – Par Hervé LAURENT

L’aversion au risque ou l’étrange darwinisme des marchés africains - Par Guy Gweth

Renforcer la Lutte contre la Fraude et la Corruption dans les Marchés Publics – Par Rigobert Pinga Pinga

Poisson ou poison d’avril ? - Par Cheickna Bounajim Cissé

Quelles approches pour la gestion de l’hydraulique en Afrique noire ? - Par Lansana Gagny SAKHO

Le renseignement d’affaires et l’agent de recherche et d’investigation – Par Laurent Hervé

Comment l'intelligence économique booste la levée de fonds en Afrique - Par Guy Gweth

L’art de négocier sans compromis ni compromission – Par Jacques Jonathan Nyemb

Un leadership efficace commence en soi-même – Par Mame Cafa SALL

Plaidoyer pour l'adhésion de la RDC à l'OAPI – Par Me Romain Battajon

La lutte contre le financement du terrorisme s'intensifie – Par Hervé Laurent

PPP: relever le défi de l'eau pour tous dans le Sénégal rural - par Lansana Gagny Sakho

Les enjeux du m-payement au Gabon, par Reine Toungui

Et si « UBER » s’installait au Niger ? – par Issa Aboubacar Abdou

Le CAVIE Europe devient opérationnel à Bruxelles - par Guy Gweth

Bataille dans la télécommunication nigérienne! - par Issa Aboubacar Abdou

La promotion du secteur privé au Cameroun - par Me Jacques J. Nyemb

Pourquoi la BCEAO a intérêt à être plus audible ? - Par Cheickna Bounajim Cissé

Quelle est la place de la communication stratégique dans l'Agenda 2063?-Par Annie Mutamba

Le chef de la Commission Banque & Compétitivité du CAVIE réunit l’élite malienne

Le président du CAVIE invité sur RFI

Le CAVIE signe un partenariat stratégique avec IXXO

   FR | EN
  • Home
  • Actualité
  • Bataille dans la télécommunication nigérienne! -Par Issa Aboubacar Abdou


Bataille dans la télécommunication nigérienne! -Par Issa Aboubacar Abdou

 [CAVIE/ACCI] L’environnement des télécommunications au Niger, longtemps dominé par les multinationales étrangères a connu un grand bouleversement depuis le début des années 2000 avec l’arrivée de Celtel en 2001, comme premier opérateur mobile en exercice dans le pays.

Bataille dans la télécommunication nigérienne Quand DAVID rencontre GOLIATH Issa Aboubacar Abdou

Longtemps ce secteur avait été dominé par la SONITEL, la Société Nigérienne des Télécommunications, qui avait le monopole total sur les services fixes et internet. Toujours, sur la même lignée, elle avait procédé la même année (2001), à la création de sa branche mobile SAHELCOM pour concurrencer et rivaliser avec le géant néerlandais CELTEL.

Cette brève cohabitation fut observée jusqu’en 2004, année marquant l’entrée sur le marché de la filiale d’Etisalat MOOV, venant ainsi diversifier les possibilités de choix des nombreux consommateurs et usagers du mobile en matière d’offres. D’autant que les tarifs de communication pratiqués par CELTEL étaient relativement élevés et peu accessibles aux clients lambda. La minute de communication à CELTEL était facturée à environ 500 francs CFA (0,76 centimes d’euros). L’opérateur avait par contre la particularité d’offrir une plus large couverture du réseau à ses abonnés, ce qui le rendait incontournable.

Pendant 7 ans, CELTEL a su maintenir un leadership sans faille sur le marché tout en cumulant un chiffre d’affaires moyen de 20 milliards de francs CFA (30 millions d’euros) pour un parc d’abonnés évalué à 565.000 en 2007. Ses principaux concurrents SAHELCOM et MOOV n’avaient à leurs actifs que moins de 50% de sa base clients pour un chiffre d’affaires cumulés de 2 milliards (3 millions d’euros) de francs CFA.

Une ouverture du marché pour une concurrence plus accrue

À partir de 2008, nous assistons à une série d’évènements notables, dont le rachat de CELTEL par un consortium saoudien pour devenir ZAIN et l’arrivée d’un troisième poids lourd sur le marché en l’occurrence le français Orange.

Venant ainsi davantage compliquer la tâche de l’opérateur historique SAHELCOM et entrainer une légère diminution de la part de marché de ZAIN qui jusque-là, bénéficiait de plus de 70% de part de marché par rapport à ses deux poursuivants.

Il faut dire que l’arrivée de Orange au Niger a permis de réduire drastiquement les coûts de communication et surtout l’accès à l’internet mobile pour les populations nigériennes. Le lancement de la 3G en 2011 a été véritablement le fait marquant pour l’opérateur. Il profita de la primeur de cette action pour rapidement se positionner comme leader des services internet raflant à SONITEL son leadership et en récupérant la seconde place du marché au détriment de MOOV (anciennement Télécel). Ce dernier qui peine à progresser faute d’investissements conséquents et SAHELCOM dont le personnel vieillissant s’avère inapte aux nouvelles réalités et enjeux technologiques.

En 2016, le parc d’abonnés télécoms au Niger se chiffrait à 7 millions dont plus de 50% était détenu par Airtel, filiale de l’indien Bharti après le rachat de Zain. Le français Orange possédait quant à lui 30% de la part des abonnés et occupait la seconde place raflée depuis un moment à Moov (14%).
Il faudrait également évoquer la forte proportion de multisimmers (clients détenant plusieurs sims) auprès des quatre opérateurs, soit 49% des abonnés. En effet, le Niger se distingue par la grande disparité de sa clientèle qui n’affiche pas particulièrement son attachement envers un opérateur spécifique.

La solution n’est-elle pas dans la privatisation

Et si en fin de compte, la solution pour vaincre Goliath se trouvait dans la privatisation et le rajeunissement du personnel du couple SONITEL - SAHELCOM ?

En janvier 2017, l’état du Niger annonçait officiellement la fusion des deux entités nationales SONITEL (la société nigérienne des télécommunications) et SAHELCOM (la société sahélienne des communications) et marquait la naissance de NIGER TELECOM avec un capital de démarrage évalué à 23,5 milliards de francs CFA (35 millions d’euros).

Cette nouvelle stratégie a pour ambition de redorer l’image sans cesse dégradée d’une compagnie de télécommunications qui reste à la traine depuis la libéralisation du secteur et qui enregistre des résultats financiers très en deçà des prévisions (près de 5 milliards de perte entre 2010 et 2015).
Notons que par le passé, plusieurs tentatives de reprises avaient été opérées avec des investisseurs chinois et libyens mais sans grand succès.

Précisons par ailleurs, que le Niger figure parmi les rares pays de la sous-région où subsistent deux opérateurs distincts pour le fixe et le mobile. A l’instar du Burkina-Faso, de la Côte-d’Ivoire, du Mali ou du Sénégal, qui ont déjà adopté ce business model, cette nouvelle mesure du gouvernement nigérien devrait permettre de mutualiser les ressources tant techniques qu’humaines, rentabiliser les investissements futurs et rendre l’opérateur national plus attractif.

Nuls doutes que les attentes à l’égard de cette fusion s’avèrent considérables. Surtout d’après nos récentes analyses à l’endroit de la population qui nous révèlent que plus de 8 personnes sur 10 se déclarent confiants quant à cette union.
L’histoire nous édifiera…

Issa Aboubacar Abdou
Représentant du CAVIE au Niger