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Quel bilan pour les Casques bleus de l'ONU en Afrique ?

[CAVIE-ACCI] La Journée mondiale du maintien de la paix s'est célébrée le 30 mai 2018 et a donné l'occasion de jeter un regard sur les nombreuses missions des forces onusiennes déployées sur le continent.

Quel bilan pour les Casques bleus de lONU en Afrique

Plusieurs pays dans le monde sont bouleversés par des conflits de tout ordre. Et l'Afrique est le continent le plus touché avec plus du tiers des conflits dans le monde. Ce qui fait de cette région la destination la plus régulière des Casques bleus des Nations unies.

En visite le 30 mai au Mali, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guteres, a félicité les forces de sécurité onusiennes de la Mission des Nations unies au Mali (MINUSMA) et a présenté le caractère ardu des missions assignées aux Casques bleus en Afrique. « J'ai une énorme admiration pour le travail que vous développez ici au Mali comme partout dans le monde. Un travail qui est devenu de plus en plus difficile. Aujourd'hui, au Mali, en Centrafrique, en République Démocratique du Congo et au Soudan du Sud (…) ».

Pourtant, au-delà des missions des Casques bleus dans le monde en général et en Afrique en particulier, il se pose la question de l'efficacité de cette force d'interposition. Du Mali au Soudan, en passant par la Centrafrique et la RDC, ces missions onusiennes sont jugées inefficaces et entachées de plusieurs dérives. En somme, face aux nouvelles menaces asymétriques auxquelles les Casques bleus n'ont pas été préparés ainsi qu'à l'environnement mal connu, les soldats onusiens sont plus préoccupés par leur propre sécurité au détriment des missions confiées. Un constat d'ailleurs partagé par plusieurs dirigeants africains au Forum de la paix en novembre 2017 à Bruxelles. Pareil pour l'administration Trump, qui a qualifié l'ONU d' « organisation budgétivore » et a souhaité réduire le nombre de Casque bleus en supprimant les missions obsolètes et inefficaces.

Des échecs

Huit des seize missions de maintien de la paix dans le monde sont en Afrique. Mais jusqu'ici, ces missions coûtent chères tant aux contribuables africains qu'à l'ONU pour des résultats insatisfaisants. À ce titre, la MINUSMA déployée au Mali depuis 2013 n'a pas évité au pays d'être coupé en deux jusqu'à ce jour, avec une partie entre les mains des groupes terroristes. La MINUSCO en RD Congo n'est pas en reste avec les nombreuses attaques contre les soldats onusiens, ou encore la MINUSCA en République centrafricaine où certains Casques bleus sont accusés de dérives sur les populations qu'ils sont censés protéger.

Toutes ces missions connaissent un échec qui amène les pays africains à privilégier des forces mixtes interétatiques, à l'instar de la Force mixte multinationale qui opère dans la zone du Lac Tchad constituée du Cameroun, du Nigeria et du Tchad. Cette force a réussi à réduire la capacité de nuisance du groupe terroriste Boko Haram. Le G5 Sahel, mis sur pied par le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie, et le Burkina Faso, s'est assigné pour mission de pacifier le Sahel en proie à des groupes djihadistes.

Cette solution que propose l'Afrique a le mérite de mettre en scène, les acteurs qui connaissent bien le théâtre des opérations. En outre, les budgets pour un meilleur déploiement sont nettement moins colossaux que ceux des missions onusiennes de maintien de la paix.

Simon Metsengue

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