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Les faux médicaments toujours foisonnant sur le marché béninois

[CAVIE/ACCI] Le gouvernement du régime a entamé, en février 2017, une campagne répressive contre les faux médicaments et ceux vendus de façon illicite sur le marché béninois sur tout le territoire national.  Quelques semaines après cette lutte acharnée, le gouvernement semble faire descendre le tempo et l’activité a repris avec une nouvelle stratégie mais pour la même finalité.

Les faux médicaments toujours foisonnant sur le marché béninois

Le gouvernement béninois, dans le cadre de l’opération PANGEA IX avait  procédé en février 2017  à la mise en application de l’accord cadre qui vise à lutter contre les « faux médicaments » sur le territoire des pays signataires de la convention. Dans la dynamique donc de préservation de la bonne santé de ses concitoyens, le Président Patrice Talon, par l’entremise de la police nationale, a démantelé le plus vaste marché de médicaments qualifiés de faux dans le pays surtout dans la ville vitrine du Bénin. D’autres lieux de vente tant dans les marchés du pays que des domiciles privés ont été aussi visités lors de cette même opération.

La ruée subite vers ces produits illégaux

Selon les dernières statistiques réalisées par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et publiées en 2015, plus de 40% des Béninois vivent en deçà du seuil minimum et un peu moins de 33% végètent dans une  pauvreté extrême surtout dans les zones rurales. Manque d’emplois, revenus dérisoires, taux d’analphabétisme élevé, pour ne citer que ceux-là, sont des maux qui minent la société béninoise et qui conduisent malheureusement ces citoyens sur ce marché où ils sont à même de trouver des médicaments à moindre coût pour leur satisfaction sanitaire.

On aurait pensé d’ailleurs que ce marché n’existerait que pour les Béninois à faible revenus ou  de cette couche sociale souvent défavorisée, mais hélas, même les nantis, les plus aisés, s’y adonnent et s’approvisionnent pour soit, les revendre, ou alimenter même des officines de pharmacie.

Pour nombre de citoyens, les Béninois, dans leur grande majorité, ne disposent pas encore de moyens financiers aussi suffisants pour se rendre dans les officines de pharmacie. Les moyens étant extrêmement  limités, la fréquentation de ces officines de pharmacie ou centres hospitaliers n’intervient qu’après une aggravation de la maladie.

Lutte contre les faux médicaments, une exigence internationale

La lutte contre les médicaments qualifiés de faux au Bénin n’a pris d’ampleur qu’après la visite dans le pays des responsables de la fondation Chirac.  Pour eux, il faut se mobiliser pour sensibiliser l’opinion publique face à la menace des faux médicaments qui devrait concerner tout le monde sans exception.

Le fléau des faux médicaments a été évoqué pour la première fois en 1988 à l’Assemblée Mondiale de la Santé et il était constaté que la question des médicaments falsifiés souffre toujours d’un manque patent de volonté politique pour être réellement entravée. Dans cette optique, il fallait agir vite et conséquemment. Et c’est justement dans cet ordre d’idées que le 12 octobre 2009 au Bénin, l’ancien Président français Jacques Chirac avait lancé un appel soutenu d’ailleurs par nombreux Chefs d’États et de gouvernement notamment africains. Cet appel a permis d’introduire la dimension politique indispensable qui  manquait à ce combat contre les faux médicaments.

La pression exogène qu’on pourrait considérer dans cette lutte contre la vente des faux médicaments au Bénin pourrait avoir son origine de la convention Médicrime de 2010 qui, à partir de 2015, avait commencé par porter ses fruits avec des brins d’espoir. Cette Convention Médecrime est le premier traité international criminalisant et sanctionnant la production, le trafic, et la vente de faux médicaments qui a aussi réuni un nombre suffisant de signataires à travers le monde avec sa ratification qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2016.

Le Bénin figure sur la liste des premiers pays les plus menacés et où la pratique, surtout le taux de la vente de faux médicaments est le plus élevé. Il fallait donc agir et ce combat fait partir des exigences des institutions internationales qui ne comptent pas venir en aide au Bénin sans des mesures politiques allant dans l’éradication de ce fléau.

L’autre facteur qui constitue une exigence extérieure repose sur la politique des grandes firmes pharmaceutiques qui exploitent déjà le marché béninois  ou qui envisagent envahir également ce marché pour l’écoulement de leurs produits. Il était bien évident que la brouille qui s’était installée dans le rang des pharmaciens regroupés au sein de l’Ordre des pharmaciens du Bénin provenait en partie de la venue de ces firmes et de leur imposition sur l’échiquier national au détriment des distributeurs et acteurs du domaine opérant sur le territoire.

Recul tactique ou relâchement total de la lutte ?

Au vue donc de ces conventions internationales et exigences exogènes, le Bénin a, à la sortie d’une de ses traditionnelles séances hebdomadaires des ministres en février 2017, décidé de lutter efficacement contre ce phénomène qui ruine la vie des milliers de Béninois.

En réalité, après le passage musclé des agents en uniforme, le phénomène, au-lieu qu’il s’arrête comme auraient voulu les dirigeants, a pris une nouvelle forme et se fait aujourd’hui plus discret tout en desservant la même clientèle d’antan.

« Plus rien ne sera comme avant et nous allons décourager les contrevenants qui empoisonnent la vie des concitoyens béninois  de par la vente de ces médicaments ». S’était résolument engagé le gouvernement Talon. Les jours qui ont effectivement suivi ce point de presse du ministre d’État, secrétaire général à la présidence, Pascal Irénée Koukpaki, des actions sur le terrain ont confirmé cette volonté du gouvernement de véritablement assainir ce secteur qui non seulement souffre de par la crise de leadership au sein de l’ordre des pharmaciens du Bénin, mais constitue aussi un manque à gagner pour l’État central.

Josaphat

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